avr 08

Renforcement des capacités des interlocuteurs sociaux et de la société civile médiatique tunisienne EuropeAid/151550/DD/ACT/TN

La Délégation de l’Union européenne en Tunisie  lance un appel à propositions pour le renforcement des capacités des interlocuteurs sociaux et de la société civile médiatique tunisienne en Tunisie financé par le programme “Appui aux secteurs des médias en Tunisie”.

 

La date limite de remise des propositions est fixée au 25 mai 2016 à 14:00 (heure de Tunis).

 

Une session d’information sur cet appel à propositions sera organisée le 14/04/2016 à 14 heures à la Délégation de l’Union européenne en Tunisie. Si vous êtes intéressé à participer à cette session, veuillez envoyer un courriel avant le 12/04/2016 à delegation-tunisia-aap@eeas.europa.eu indiquant le prénom, le nom, la nationalité et l’adresse de courrier électronique des personnes qui y participeront, ainsi que leur organisation (maximum deux participants par entreprise)

Le texte complet des lignes directrices à l’intention des demandeurs peut être consulté sur le site Internet suivant:

https://webgate.ec.europa.eu/europeaid/online-services/index.cfm?ADSSChck=1460102727240&do=publi.detPUB&searchtype=AS&zgeo=35621&debpub=&orderby=upd&orderbyad=Desc&nbPubliList=15&page=1&aoref=151550

 

 

déc 03

Le Programme National de Formation des Formateurs en Journalisme

 

Le Centre Africain de Perfectionnement des Journalistes et des Communicateurs (CAPJC) lance  le Programme National de Formation des Formateurs en journalisme.

Ce programme est initié pour répondre aux besoins du CAPJC  et des médias nationaux en  formateurs spécialisés en journalisme.

L’analyse du système de formation professionnelle montre en effet un déficit structurel en formateurs nationaux spécialisés en journalisme.

D’autre part, le Programme National de Formation des Formateurs s’inscrit dans la nouvelle stratégie du CAPJC, centré autour du développement des capacités du Centre en matière de formation des formateurs et d’ingénierie de formation en journalisme. Dans  ce sens le CAPJC ambitionne de se constituer en pôle national et régional de formation des formateurs en journalisme.

Le Programme National de Formation des Formateurs en journalisme s’inscrit aussi dans un stratégie de réforme des dispositifs de formation. Le CAPJC disposerait ainsi  de formateurs tunisiens dotés de compétences élargies en pédagogie et en coaching appliquées en journalisme.

D’autre part, le  Plan National de Formation des Formateurs est conçu et mis en œuvre en partenrait avec  le Centre National de Formation d’Ingénierie de Formation, CENAFIF, l’institution publique de référence dans le domaine de la formation professionnelle. Ce partenariat inédit et original a pour objectif de faire de la Tunisie un pôle régional (Maghrébin, Africain et Arabe) dans ce domaine.

Les actions du programme pour l’année 2016 déroulent en deux phases :

1ère  phase : une série de session axées pour les techniques de formation

-                  Sessions 1 : Préparer une formation

-                  Session 2 : Animer une formation

-                  Session 3 : Evaluer une formation

-                  Session 4 : Coaching

2ème  phase : Sessions de formation spécialisés en journalisme

Ainsi et après avoir acquis les compétences en matière de pédagogie et de coaching, les participants suivront une formation spécialisée  en conception de session de formation  en journalisme.

Les candidats intéressés doivent envoyer leur candidature, au plus tard le jeudi 31 décembre 2015 au CAPJC par fax au 71781 221 ou par mail à formation@capjc.tn.

 

Pour télécharger le formulaire de candidature du Programme cliquez sur le lien suivant :

 

http://www.capjc.nat.tn/public/fdfj/fiche_candidature.pdf

 

Pour consulter le programme détaillé de la 1ere phase et la méthodologie de sélection des candidats, veuillez cliquer sur le lien suivant :

http://www.capjc.nat.tn/public/fdfj/methode_selection-axes_formation.pdf

Pour consulter les documents demandés pour le, dossier de candidature, veuillez cliquer sur le lien suivant :

 

www.capjc.nat.tn/public/fdfj/docuemnts_demandes.pdf

sept 17

BBC Media Action New policy briefing: ‘After the Arab uprisings: the prospects for a media that serves the public’

After the Arab uprisings: the prospects for a media that serves the public’ argues that in a region marked by increasingly polarised political discourse, national broadcasters have the potential to help to bridge social divides if these institutions can be reformed to serve public, rather than state, interests.

To make this case, the briefing examines four countries undergoing political change, Libya, Egypt, Lebanon and Tunisia, and explores the opportunities and constraints conditioning the ability of the national broadcaster in each country to deliver such programming.

We argue that programming that enables inclusive dialogue, rational debate and clear and trusted information could help mitigate conflict by facilitating tolerance, mutual understanding and representation. But this requires a commitment to the public service broadcasting values of ‘universality’ and ‘diversity’ – underpinned by a commitment to editorial independence.

Please see the policy briefing here:

Full paper: After the Arab Uprisings

Media Action’s website: Policy Brief – BBC Media Action Website

Executive summary: Executive summary

 

sept 08

Poste à pourvoir au sein de l’UNESCO: Assistant(e) de programme

Le Bureau de l’UNESCO pour le Maghreb recrute un(e) assistant(e) de programme qui sera basé(e) au Bureau de projets à Tunis, situé au berges du Lac.

Le programme Communication et information (CI) de l’UNESCO contribue à promouvoir un environnement porteur pour la liberté de la presse et la sécurité des journalistes et à faciliter le pluralisme et l’expression de la diversité dans les médias afin de profiter pleinement du potentiel démocratique des médias et renforcer leur contribution à la bonne gouvernance et au développement.

Le/la titulaire de poste sera chargé(e) d’assister dans la mise en œuvre du programme Communication et information et des projets en Tunisie ainsi que la gestion administrative du Bureau. Pour plus d’informations, veuillez consulter les termes de référence ci-joints (version française).

http://www.unesco.org/new/fr/rabat/about-the-office/single-view/news/appel_a_candidature-1/#.Ve2ZO3zH_Gg

Les candidatures des femmes et des hommes ayant les qualifications requises sont vivement encouragées.

août 31

TOR/Job description Administrative and Financial Assistant – Tunis

International Media Support (IMS) is seeking an administrative and financial assistant to join its newly established Tunisia office

IMS is a non-profit organisation working to support media in countries affected by armed conflict, human insecurity and political transition. Across four continents, IMS helps to strengthen professional journalism and ensure that media can operate in challenging circumstances.

IMS has been engaged with Tunisian media and civil society partners since 2004. In the context of democratic transition, IMS’ engagement has evolved into a comprehensive, long-term programme, flexible to context, which promotes notably the following objectives:

  • Strategic development of media infrastructure and key institutions that can forge new improved standards for media freedom, professionalism and media pluralism;
  • Strategic collaboration within the media sector to effectively advocate for and influence media reform processes in Tunisia;
  • Strengthen professional standards of journalism and related ethics in traditional and emerging media through partnerships.

The administrative and financial assistant will be part of a small national team, and report directly to the Tunisia Programme Coordinator. He/she will be responsible for the day-to-day tasks of running a small office and for coaching partners on IMS financial reporting requirements. The IMS office in Tunisia is responsible for project follow-up and for providing regular support and capacity building to IMS partners. The Tunis office is part of the Middle East and North Africa department at IMS’ headquarters in Copenhagen.

Main responsibilities

Financial administration:

  • Create, develop and maintain financial records including spreadsheets, regular financial reports, department logs and other relevant documentation;
  • Work closely with the designated Financial Controller and other relevant staff in Copenhagen to ensure smooth operation of all finance matters;
  • Perform control and compliance checks of financial accounts, budgets and external audited reports from IMS partners;
  • Prepare accounts and control documentation for monthly and annual external audits of the Tunis office and the annual audit of IMS;
  • Undertake other duties such as banking;
  • Answer auditing and finance-related queries.

 

Office administration:

  • Responsible for the day to day management of the office;
  • Create and maintain an up-to-date filing system for all staff and office related documentation, inventories, contacts and other relevant information;
  • Maintain contact databases with current and accurate information on vendors, contractors, and partners;
  • Draft and maintain records for partners contracts as per IMS guidelines;
  • Provide logistical support for visits by IMS staff, consultants or partners including making travel arrangements and booking accommodation;
  • Manage appointments, set up meetings and take minutes;
  • Assist with the preparation and follow-up of IMS events and activities;
  • Assure that the necessary space, equipment, supplies and policies are in place so as to maintain an effective programme operation;
  • Manage stationary and pantry items;
  • Other tasks as assigned by Programme Coordinator.

 

Support to partners:

  • Provide assistance to partners on financial reporting processes;
  • Coach partners on financial management according to IMS financial reporting requirements;
  • Contribute to monitoring and evaluation of partners’ performance;
  • Develop own tools for partners’ coaching on financial reporting;
  • Other duties deemed appropriate to perform this role.

 

Qualifications

  • Relevant academic degree, e.g. Master of Science in Economics and Business Administration (Cand.Merc.), a Master’s degree in Economics (Cand.Oecon.), a Graduate Certificate in Accounting (HD) or other equivalent international qualifications;
  • Minimum five years of proven experience in accounting and controlling, preferably involving aid management of several projects/programmes;
  • Experienced user of Microsoft Office, in particular of Microsoft Excel;
  • Excellent skills in written and spoken Arabic, French and English;
  • Experience in using accounting systems is an asset;
  • Previous NGO experience and a general understanding of the NGO sector is an asset;

 

Personal skills

  • Good understanding of accounting processes and procedures;
  • Good organisational skills used in planning own work;
  • Excellent verbal and written communication skills;
  • Self-motivated and enthusiastic;
  • Ability to work under pressure and meet targets and deadlines;
  • Analytical, responsible, with great attention to details;
  • Ability to solve tasks independently and as part of a team;
  • Ability to work methodically, accurately and neatly;
  • Discreet with high levels of integrity;
  • A certain level of flexibility regarding availability outside normal working hours is required to attend work-related events.

Everyone with the required qualifications and skills is encouraged to apply, regardless of sex, sexual orientation or gender identity.

Duration and location

The Administrative and Financial Assistant will be based in the IMS office in Tunis, and refer to the Tunisia Programme Coordinator while working closely with the MENA Department in Copenhagen. This is a full time position. Compensation commensurate with experience and IMS policies.

How to apply

Please submit a letter of motivation and a curriculum vitae in English to jobs@mediasupport.org no later than 15 September 2015 with “Tunisia Administrative and Financial Assistant” in the subject line.

Please note that only short-listed candidates will be contacted for a follow-up interview to be organised in Tunis. The expected starting date is 15 October 2015. Visit IMS’ website for more information about our work: http://www.mediasupport.org/

août 04

Appel à candidature «Journalisme d’investigation 2»

Le Centre Africain de Perfectionnement des Journalistes et Communicateurs (CAPJC) organise en partenariat avec le Media Developpment Center (MDC) et avec l’appui de Free Press Unlimited un cycle de formation au journalisme d’investigation, la première session est un workshop de 5 jours intitulé« Introduction au journalisme d’investigation 2 »

  • Date

La première activité, « Introduction au journalisme d’investigation », aura lieu au CAPJC à Tunis du 19 au 23 octobre 2015.

  • Public cible

12 à 15 journalistes ayant une bonne expérience en journalisme d’enquête bénéficieront de ce programme.

Priorité sera donnée aux candidats parrainés par leur directeur ou rédacteur en chef.

  • Eléments à fournir :

1. un curriculum vitae

2. une lettre de motivation

3. une sélection d’articles publiés

4. une lettre de parrainage du directeur ou du rédacteur en chef acceptant la participation du journaliste à l’intégralité de la formation

5. un projet d’enquête (ne pas dépasser une page)

Envoyer les 5 éléments à l’adresse suivante : capjc@capjc.tn et mettre en copie aida.benammar@gmail.com

Date limite d’envoi des candidatures : 30 septembre 2015

Les demandes incomplètes ne seront pas considérées.

La sélection des participants se fera dans le respect de l’équilibre par genre

Ce projet est soutenu par

logo_Ambassade_FR PNG

juin 10

BBC Media Action recrute

  • Producer and Project Coordinator, Tunis

Location:  Tunis

Reports to: Tunisia and Algeria Programme Manager

Duration:   until 31 March 2016

Application instructions: 

Candidates should send their CV and a cover letter (explaining their interest in the post and competencies to fulfil it), a list of three references, examples of previous productions and salary expectation to:tunisia@bbcmediaaction.org

This is a local post applicable to people who have the legal right to live and work in Tunisia – national terms and conditions will apply.

Application deadline:  Sunday 14 June 2015

Job purposehttp://www.bbc.co.uk/mediaaction/jobs/producer-and-project-coordinator-tunis

 

  • TV Director, Tunis

Location: Tunis

Reports to: Producer and Project Coordinator

Duration: until 31 March 2016

Application instructions: 

Candidates should send their CV and a cover letter (explaining their interest in the post and competencies to fulfil it), a list of three references, examples of previous productions and salary expectation to: tunisia@bbcmediaaction.org

This is a local post applicable to people who have the legal right to live and work in Tunisia – national terms and conditions will apply.

Application deadline:  Sunday 14 June 2015

Job purpose: http://www.bbc.co.uk/mediaaction/jobs/TV-director-tunis

 

juin 10

IFES recrute deux coordinateurs(rices) de projets

Le Bureau de IFES en Tunisie recherche actuellement deux coordinateurs(rices) de projet pour une durée de trois ans pour son bureau de Tunis. La fiche de poste est en pièce-jointe.

Les personnes souhaitant postuler pour ce poste sont appelées à  soumettre une lettre de motivation et un CV à l’adresse suivante : mkoubaa@ifes.org.

Date limite pour la soumission de candidature : 28 juin 2015 à minuit

IFES Annonce Coordinateurs De Projet (juin 2015)
IFES Annonce Coordinateurs De Projet (juin 2015)
IFES Annonce Coordinateurs de Projet (juin 2015).pdf
1.2 MiB
354 Downloads
Détails...

mai 13

RSF Tunisie – Amender ou retirer la loi sur la sécurité

Les dispositions sur le secret d’État et le « dénigrement » des forces de sécurité menacent la liberté d’expression

Les législateurs tunisiens doivent abandonner les dispositions problématiques d’une nouvelle loi sur la sécurité, ont indiqué aujourd’hui 13 organisations non gouvernementales dans une déclaration conjointe. Les dispositions du projet de loi, qui sont incompatibles avec les standards internationaux des droits humains et avec la Constitution tunisienne, pourraient incriminer le comportement des journalistes, des lanceurs d’alerte, des défenseurs des droits humains et de tout individu qui critique la police, et permettent également aux forces de sécurité d’utiliser la force létale lorsque celle-ci n’est pas strictement nécessaire pour protéger des vies humaines.

Le gouvernement a envoyé le projet de loi au Parlement le 10 avril 2015, suite à l’attaque du musée du Bardo survenue à Tunis le 18 mars – au cours de laquelle des hommes armés ont tué 23 personnes – et suite à une série d’attaques meurtrières menées par des groupes armés contre les forces de sécurité. Depuis le soulèvement qui a renversé le Président Zine El-Abidine Ben Ali en janvier 2011, ces attaques ont également tué plus de 75 membres de l’armée tunisienne et d’autres forces de sécurité, et blessé au moins 190 personnes. Le parlement n’a pas encore fixé de date pour débattre du projet de loi.

« Le parlement tunisien doit certes s’assurer que les forces de sécurité tunisiennes sont en mesure de protéger la population contre de potentielles attaques, mais sans pour autant porter atteinte aux droits humains », a déclaré Eric Goldstein, Directeur Adjoint pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Les dispositions de la loi sur le secret d’Etat, le dénigrement et l’utilisation de la force létale ne remplissent pas ces conditions. »

L’objectif affiché du projet de loi sur la « répression des attaques contre les forces armées » est de renforcer la protection des forces armées – notamment les militaires, les forces de sécurité intérieure, et les douanes – et de réprimer les attaques contre les institutions, les installations et les biens qui relèvent de leur autorité.

Si ce projet de loi est adopté, il permettrait aux tribunaux d’imposer de longues peines de prison aux personnes qui divulguent des « secrets de sûreté nationale » au sens large, sans aucune exception d’intérêt public, pouvant donner lieu à la poursuite des lanceurs d’alerte et des journalistes.

Le projet de loi incriminerait le « dénigrement» de la police et d’autres forces de sécurité, compromettant ainsi la liberté d’expression.

Cela permettrait également, quoique dans une moindre mesure comparé à la loi actuellement en vigueur, l’utilisation de la force létale par la police pour protéger les biens plutôt que de la restreindre, conformément aux normes internationales, comme dernier recours pour protéger la vie humaine.

Les articles 5 et 6 du projet de loi prévoient jusqu’à 10 ans de prison ainsi qu’une amende de 50000 dinars (US $ 25,522) aux individus qui divulguent ou publient un « secret lié à la sûreté nationale. »

Le projet de loi définit les secrets relatifs à la sûreté nationale comme « toutes informations, données et documents relatifs à la sûreté nationale [...] qui doivent être connus uniquement par les personnes habilitées à leur utilisation ou détention, ou circulation ou conservation. »

Cette disposition est incompatible avec les obligations de la Tunisie de protéger la liberté d’expression et de respecter le droit d’accès du public à l’information.

Cette information peut être essentielle pour dénoncer les violations des droits humains et garantir l’obligation de rendre des comptes dans une démocratie.

Alors que les gouvernements ont le droit de restreindre la diffusion de certaines informations qui pourraient sérieusement mettre en péril la sûreté nationale, la définition très vague et l’absence de toute exception ou excuse d’intérêt public pourraient permettre aux autorités de poursuivre ceux qui dénoncent les actes répréhensibles du gouvernement.

L’article 12 du projet de loi prévoit une sanction pénale de deux ans de prison et une amende pouvant aller jusqu’à 10.000 dinars ($ US 5,109) pour toute personne reconnue coupable d’avoir intentionnellement dénigré les forces armées avec pour objectif de « nuire à l’ordre public. »

L’incrimination de dénigrement des institutions de l’Etat est incompatible avec une solide protection de la liberté d’expression en vertu du droit international ainsi qu’avec les droits garantis par la Constitution tunisienne de 2014. Par ailleurs, le concept vague de « dénigrement des forces armées » est incompatible avec le principe de légalité, pierre angulaire des normes internationales sur les droits humains, qui oblige les États à veiller à ce que les infractions criminelles soient clairement et précisément définies dans la loi.

Parce qu’il ne précise pas quels actes et/ou omissions constitueraient un dénigrement, l’article 12 risque de donner aux autorités une grande latitude pour procéder à des arrestations pour des motifs injustifiés tels que des querelles avec la police, la lenteur à appliquer leurs ordres, ou en représailles pour le dépôt d’une plainte contre la police, ont indiqué les organisations signataires. L’exigence des dispositions que le dénigrement soit motivé par l’objectif de « nuire à l’ordre public » est tellement large qu’elle limite à peine le pouvoir discrétionnaire de poursuite des autorités.

« Plutôt que d’abroger les infractions actuelles qui incriminent la diffamation contre les institutions de l’État et sont incompatibles avec les protections solides de la liberté d’expression contenues dans la nouvelle Constitution, les autorités tunisiennes proposent d’en ajouter une nouvelle » a déclaré le Président de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme Karim Lahidji.

Le projet de loi exonérerait les forces de sécurité de la responsabilité pénale en cas d’usage de la force létale pour repousser les attaques contre leurs foyers, biens et véhicules, lorsque la force utilisée s’avérerait nécessaire et proportionnelle au danger.

Cette disposition signifierait que les forces de sécurité seraient autorisées, par la loi, à répondre par la force létale à une attaque contre les biens qui ne menacerait pas leur propre vie ni la vie de quiconque et qui ne causerait pas de blessures graves.

« Le projet de loi doit être modifié pour faire en sorte que l’utilisation intentionnelle de la force létale ne puisse être autorisée que lorsqu’elle est nécessaire, proportionnelle et absolument inévitable pour protéger des vies humaines », a déclaré Saïd Benarbia, Directeur du Programme Moyen-Orient et l’Afrique du Nord de la Commission Internationale de Juristes.

L’emploi de la force létale pour la seule protection des biens est incompatible avec le devoir de l’Etat de respecter et protéger le droit à la vie, et les Principes de base des Nations Unies sur l’utilisation de la force et des armes à feu par les responsables de l’application des lois.

« Les législateurs tunisiens doivent utiliser le projet de loi comme une opportunité pour harmoniser les lois sur l’utilisation par la police de la force meurtrière avec les normes internationales, et pour veiller à ce que la police reçoive une formation adéquate sur l’utilisation des moyens létaux et moins-létaux pour une application de la loi conforme aux normes internationales », a ajouté Michel Tubiana, Président du Réseau euro-méditerranéen des droits de l’homme.

Pour plus de détails sur les dispositions problématiques et une liste des organisations signataires de la déclaration, merci de voir ci-dessous.

« Secrets liés à la sûreté nationale »

 

  • Les Principes de Johannesburg sur la sécurité nationale, la liberté d’expression et l’accès à l’information, un ensemble influent de principes émis en 1996 par des experts en droit international sur l’applicabilité de la protection des droits de l’homme à l’information de la sécurité nationale, indiquent : « Nul ne peut être puni au nom de la sécurité nationale pour la divulgation d’informations si (1) la divulgation ne nuit pas réellement et ne risque pas de nuire à un intérêt légitime de sécurité nationale, ou (2) l’intérêt public de connaître cette information l’emporte sur le préjudice pouvant résulter de cette divulgation. »

 

  • Les Principes précisent que « pour établir qu’une restriction … est nécessaire pour protéger un intérêt légitime de sécurité nationale, le gouvernement doit démontrer que : (a) l’expression ou l’information en question constitue une menace grave à un intérêt légitime de sécurité nationale ; (b) la restriction imposée est la moins restrictive possible pour protéger cet intérêt ; et (c) la restriction est compatible avec les principes démocratiques. »

 

  • En outre, les Principes définissent l’intérêt de la sécurité nationale légitime comme « la protection de l’existence du pays ou son intégrité territoriale contre l’usage ou la menace d’usage de la force, ou sa capacité à répondre à l’usage ou la menace d’usage de la force, que ce soit à partir d’une source externe, comme une menace militaire, ou une source interne, telle que l’incitation au renversement du gouvernement par la violence. »

 

  • Le Principes globaux sur la sécurité nationale et le droit à l’information de 2013 (Principes de Tshwane), qui sont largement acceptés, ont développé davantage ces exigences, notant par exemple qu’il y a un intérêt public supérieur à la divulgation d’informations concernant des violations flagrantes des droits humains et indiquant clairement que les dénonciateurs qui exposent des actes répréhensibles ne doivent généralement pas être soumis à des sanctions pénales ou civiles.

Le Comité des droits de l’Homme des Nations Unies, dans l’Observation générale n° 34 qui interprète l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), auquel est partie la Tunisie, a noté que les gouvernements doivent prendre « un soin extrême » pour assurer que les lois relatives à la sécurité nationale ne sont pas invoquées « afin de supprimer ou refuser au public une information d’intérêt public légitime qui ne nuit pas à la sécurité nationale » ou de poursuivre des journalistes, des chercheurs, des militants, ou d’autres individus qui diffusent de telles informations.

“Dénigrer” les forces armées

La clause de dénigrement viendrait ajouter une nouvelle infraction aux lois existantes, qui comprennent déjà de nombreux articles incriminant la liberté d’expression, notamment les dispositions relatives à la diffamation des organes d’Etat, les infractions contre le chef de l’Etat et infractions contre la dignité, la réputation ou le moral de l’armée.

Le commentaire 34 général du Comité des droits de l’homme de l’ONU stipule que « les États parties ne doivent pas interdire la critique d’institutions telles que l’armée ou l’administration. » Dans son examen de la Tunisie en 2008, le Comité des droits de l’homme des Nations Unies a exprimé sa préoccupation sur l’incrimination de la « critique des organismes officiels, l’armée ou l’administration ».

Dans son examen périodique universel de la Tunisie en 2012, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a demandé aux autorités de revoir la législation de l’ère Ben Ali qui étouffent les libertés d’expression afin de protéger pleinement les droits, conformément aux normes internationales.

En plus d’aller à l’encontre des obligations de la Tunisie en vertu du PIDCP, les dispositions relatives aux secrets liés à la sécurité nationale et le dénigrement des forces de police sont en contradiction avec la nouvelle Constitution tunisienne adoptée le 27 janvier 2014, qui protège la liberté d’opinion, de pensée, d’expression, d’information et de publication.

La Constitution consacre aussi, dans son article 32, « le droit à l’information et le droit d’accès à l’information » et les réseaux de communication. En outre, l’article 49 de la Constitution limite les restrictions constitutionnellement acceptables aux droits et libertés, stipulant qu’elles ne doivent pas compromettre l’essence même de ces droits et qu’elles ne peuvent être imposées que lorsqu’elles sont nécessaires à la protection des droits d’autrui, de l’ordre public, de la défense nationale, de la santé publique, ou de la moralité publique. Lorsqu’elles sont imposées, ces restrictions doivent être proportionnelles à l’objectif recherché.

Emploi de la force létale

Selon l’article 18 du projet de loi, un « membre des forces armées n’est pas responsable des dommages résultant du fait d’avoir blessé ou tué une personne qui commet l’une des infractions mentionnées aux articles 14-16 de la loi, si l’action était nécessaire pour atteindre le but légitime de protéger la vie ou des biens, et que les moyens utilisés étaient les seuls capables de repousser l’agression, et l’usage de la force était proportionnelle au danger ».

L’article suit de près les directives sur l’utilisation de la force dans les articles 20-22 de la loi tunisienne 69-4 du 24 janvier 1969 réglementant les réunions publiques.

Ces articles prévoient que les agents chargés de l’application de la loi peuvent utiliser des armes à feu uniquement lorsqu’ils n’ont pas d’autres moyens de défendre « les endroits qu’ils occupent, les bâtiments qu’ils protègent, ou les postes ou personnes pour lesquels ils ont la garde ou si la résistance ne peut être atténuée par un autre moyen que l’usage des armes ».

Bien que la disposition de la nouvelle loi introduise une amélioration, en ajoutant le principe de proportionnalité, elle ne met pas la loi en conformité avec les normes internationales sur l’utilisation de la force.

En effet, l’article 18 du projet de loi a une portée encore plus large que la loi 69-4 puisqu’il s’applique à l’utilisation de la force non seulement lors de manifestations, mais aussi en cas d’attaques individuelles contre des propriétés et des véhicules de police et d’autres forces de sécurité.

L’exonération proposée de la responsabilité pénale en vertu de cette disposition couvre l’utilisation de la force meurtrière pour repousser les attaques contre les « domiciles des agents des forces armées ou de leurs objets et véhicules. »

Il est donc incompatible avec les normes internationales qui exigent de l’État de respecter et protéger le droit à la vie dans l’usage de la force.

Les Principes de base des Nations Unies sur l’utilisation de la force et des armes à feu par les responsables de l’application des lois disposent,

« Les officiers de police ne doivent pas utiliser d’armes à feu contre des personnes, sauf en cas de légitime défense ou pour défendre des tiers contre une menace imminente de mort ou de blessure grave, pour empêcher la perpétration d’un crime particulièrement grave mettant sérieusement la vie en danger, arrêter une personne présentant un tel risque et résistant à leur autorité, ou empêcher son évasion, et seulement lorsque des mesures moins extrêmes sont insuffisantes pour atteindre ces objectifs. En tout état de cause, le recours intentionnel aux armes à feu peut uniquement avoir lieu lorsqu’il est absolument inévitable pour protéger des vies humaines. »

Cosignataires

Organisation Mondiale Contre la Torture (World Organisation Against Torture)

Actions des chrétiens pour l’abolition de la torture

ARTICLE 19

Reporters Sans Frontières (Reporters without Borders)

Avocats Sans Frontières –Belgique

Fédération Internationale des Droits de l’Homme (International Federation of Human Rights)

Amnesty International

Human Rights Watch

International Media Support

Euro Mediterranean Human Rights Network – Réseau euro-méditerranéen des droits de l’homme

Commission Internationale de Juristes

Carter Center

Oxfam

 

 

mai 12

Fonds Aswatona du développement des médias

Le Fonds Aswatona pour le développement des médias est une initiative de financement régionale et multi-partenaire pour le renforcement du secteur des médias indépendants dans les pays du Maghreb et du Machrek. Notre but est de favoriser le pluralisme des médias, l’expression de l’opinion publique et la participation de la société civile dans les médias ainsi que renforcer, à travers les médias associatifs communautaires, de la participation des femmes, des jeunes, des communautés rurales et éloignées, et des groupes marginalisés.

Les organisations soutenues par le Fonds Aswatona seront des médias indépendants locaux et des organisations de la société civile, ainsi que les principales parties prenantes dans le développement du secteur des médias associatifs communautaires, y compris les associations professionnelles, les universités et les organismes de formation. Le Fonds n’est pas ouvert à des candidatures individuelles. Les organisations qui peuvent présenter leurs demandes pour bénéficier du soutien du Fonds doivent être légalement enregistrées, sans buts lucratifs, pas affiliées à aucun parti politique ou organisation religieuse, et en travaillant principalement dans un ou plus des pays suivants : Algérie, Égypte, Jordanie, Liban, Libye, Maroc, Palestine, Syrie ou la Tunisie.

Le Fonds Aswatona pour le Développement des Médias offrira soutiendra les actions suivantes:

Action 1 L’échange d’expériences et de bonnes pratiques
Action 2 Le développement d’audience et de la pérennité
Action 3 Productions médiatiques sociales ou culturelles
Action 4 Promotion du dialogue politique médiatique
Action 5 Renforcement du réseautage et de la solidarité

Le deuxième appel à demandes ouvre le 4 mai 2015 et se ferme le 18 Juin à 2015.

Cliquez ici pour savoir comment appliquer

Le Fonds Aswatona pour le développement des médias est un projet de partenariat entre Community Media Solutions (Royaume-Uni), Community Media Network (Jordanie), Andalus Institute for Tolerance and Anti-violence Studies (Egypte), Holy Land Trust (Palestine), Forum Alternatives du Maroc (Maroc) et le Syndicat Tunisien des Radios Libres (Tunisie), en association avec l’Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires (AMARC). Ce projet est financé en partie par l’Union européenne.

Ce projet fait partie du programme « Media et Culture pour le développement dans le Sud de la Méditerranée » qui entend en particulier renforcer le rôle des médias et de la culture en tant que vecteurs de la démocratisation et du développement économique et social dans les sociétés du Sud de la Méditerranée.

Articles plus anciens «